— Avec cinquante de plus.

La voix glapit :

Get a partner, one dollar, one dollar.

Et, pour accompagner son invitation, le barman agite une sonnette d'un geste frénétique.

— Dollars… dollars… dollars…

Le mot part de tous les coins de la salle ; c'est le maître qui asservit tout à son caprice, âmes et corps. Pour lui on peine, pour lui on danse, pour lui on joue, pour lui on meurt.

Le métal est sorti vierge de la terre glacée, mais, dès qu'il a vu la lumière du jour, il a courbé les hommes. Veau d'or? Non pas : petite chose qui brille et qui brûle les doigts.

La chanson de l'or emplit les deux salles du saloon de la Branche de Saule ; mais les cloisons de planches sont trop rapprochées ; elle sort et court sur les rapides pour apporter son espérance et son désespoir à tous ceux qui, sur le territoire du Yukon, sont devenus ses serviteurs passionnés.


Hurricane cache sa détresse dans sa hutte faite de rondins assemblés. Il ferme les yeux, crispe ses poings sur ses oreilles. En vain : les yeux clos, il voit une image persistante. Les oreilles bouchées, il entend une voix qui scande la syllabe adorée : « Doll… Doll… Doll ».