Sous le vernis de la civilisation, la jalousie est, au cœur des hommes, la remontée de l'instinct primitif.

Education, bienséance, science des attitudes, hypocrisie du geste, lois de sauvegarde et de répression, trame compliquée des textes pour la défense de la société, enchevêtrement des paragraphes, Tables des hommes dressées en face des Tables de Dieu.

Le Code et la Bible, interprétation des volontés premières, souci de ce qui est bien, châtiment de ce qui est mal. C'est pourquoi à l'origine des civilisations on trouve la balance. Balance où Osiris pèse les âmes des Bons et des Méchants. Oui, mais il y a le glaive de la loi qui sophistiquera la sentence. Le glaive est d'airain comme celui de Brennus et l'on pèse à faux poids sur tous les degrés du Temple.

La société enveloppe l'homme dans un réseau inextricable. C'est une toile d'araignée. Un la tend, un autre s'y prend. Usages et coutumes. Amour et amour-propre. Dol et vol. Violence aussi. Pour un même fait, décision contraire. Erreur ici, vérité là.

Aujourd'hui arrêté, jugé, condamné, exécuté « au nom de la Loi » ; demain, exalté — mais non ressuscité — au nom d'une loi identique.

Les hommes, parce qu'ils sont des hommes, ont voulu œuvrer à leur image. Ils ont créé « à la manière de… » Gouverner, abêtir, pressurer, châtier, punir des foules, oui ; des sentiments, non.

Chaque fois que l'homme s'est trouvé devant une force de la nature, il est redevenu lui-même, c'est-à-dire la bête ancestrale qui combattait pour vivre et se perpétuer.

Depuis le premier chevreuil abattu, il y a eu le droit et la force.

— Je l'ai tué, il est à moi.

— C'est bon, défends ta proie. Tu as tes poings. J'ai mon bâton.