Aux hommes, qui sont égoïstes et s'obstinent à ne vouloir vendre des chiens que contre plusieurs poignées de dollars.

— Cent piastres, ce chien! Vous voulez rire, camarade, une bête qui a les côtes en accordéon, un œil qui louche et plus de dents. C'est une bonne plaisanterie. Quarante-cinq, pas une de plus.

L'autre s'indigne :

— Un siwash dog esquimau qui porte le tiers de son poids! Une bête de trois ans, toute en muscles…

Au saloon, le marchandage continue, cependant que les cocktails à deux dollars pièce se succèdent.

Le chien, objet du débat, est assis sur son arrière-train, indifférent et philosophe.

Au dixième Manhattan, Gregory offre 75 piastres. Tope là. C'est chose entendue. Le postier noue son mouchoir au collier de la bête qui suit, tête basse, son nouveau maître, tandis que l'ancien jette les 75 dollars sur une table de jeu.

En marchant, Gregory soliloque :

— Oui, mon vieux, c'est une riche affaire. Et vingt-cinq dollars de boni. C'est toujours bon à prendre. Ce rusher n'était qu'un apprenti. Il est vrai que les cocktails entrent pour une part dans sa décision. Cent piastres, vous les valiez… Au fait, comment vous nommait-on? Qu'importe! En souvenir du steamboat et de son captain, vous serez Oregon. Pas de protestation? Entendu, vieille chose. Donc, je disais, Oregon, mon ami, que nous allions avoir de l'ouvrage, mais ça n'est pas pour effrayer un siwash dog esquimau.

« Il va falloir rattraper le temps perdu. Sacré forgeron de tous les diables, huit jours pour un patin!