Hurricane se penche sur Flossie. Il rencontre deux prunelles ardentes dont la flamme monte vers lui avec un hommage muet. Un sentiment étrange s'éveille dans le cœur du garçon. Il oublie le mal qui le tenaille, et ses lèvres, que le froid crispe, se détendent en un sourire pitoyable.
Une joie paraît sur le visage féminin, un flot de sang farde les joues, avive la bouche qui ébauche aussi un sourire, mais c'est dans les yeux que passe l'expression la plus forte. Ils s'éclairent d'une lueur si grande qu'on dirait que toute la vie est condensée dans un regard.
— N'avez-vous pas regret d'être venue?
La voix répond avec ferveur :
— Oh! non!
— Vous souffrez?
— Toutes les douleurs sont oubliées pour ce moment que le destin me donne. C'est la bête qui souffre. Voyez, la nuit enveloppe la terre, mais une clarté persiste. Mon cœur rayonne. Et si maintenant il fallait mourir, je mourrais heureuse et porterais à Dieu une âme de lumière.
— Pourquoi ces pensées, girly?
— Je ne sais pas. La douleur affine nos désirs pour nous rendre meilleurs. Je me sens moins lourde, toute cette blancheur a lavé mes souillures, et si, ce soir, j'allais frapper à la porte du Seigneur, je crois véritablement, que je serais pareille, moi la fille du péché, à mes sœurs immatérielles admises à chanter ses louanges. Et comme c'est à vous que je dois cette chose, je vous dis : qu'importe l'heure qui viendra, puisque j'ai vécu la minute présente.
Cette exaltation qui monte contraste avec cette faiblesse. On dirait que cette flamme s'agrandit pour éclairer plus loin, plus haut, avant que de diminuer et de s'éteindre.