— Je ne vois pas Oregon.

— La paix, Tempest! Hurricane, tenez ces deux-là.

Le maître de poste cherche et découvre contre la rive, à moitié rongé, un collier de cuir. C'est tout ce qui reste d'Oregon.

Le postier s'obstine et finit par trouver des taches suspectes et des touffes de poils.

Huskies et labradors ont dévoré le siwash esquimau.

Les rosser? A quoi bon! Du moins, eux, ont mangé, et l'on arrive à jalouser la meute.

La neige a cessé. Le froid pique. Vers midi, les jambes de Flossie fléchissent, cassées. La jeune fille s'affaisse. Hurricane la reçoit dans ses bras.

On s'arrête. On fait du thé. Le breuvage bouillant ranime Flo, puis on repart.

La détestable « tripe de roche » est la nourriture des deux hommes. Elle alourdit l'estomac, mais calme les crampes. La farine de maïs qui reste est réservée aux chiens et à Flossie, mais aujourd'hui l'équipe se moque du maïs, ce qui permet de doubler la ration de la girl qui, vaillante, règle son pas sur le pas d'Hurricane.

Le postier, pour tromper sa fringale, mâche une racine. Il marche à longues enjambées avec des mouvements d'automate.