Hier, après l'étape, Gregory, malgré le froid, la faim et la fatigue, est reparti, suivant le trail tracé par le traîneau. Il a remonté le cours de la Peel River pendant dix milles. Il n'a rien vu. La neige tombe et nivelle le sol.

Il est rentré harassé, a dormi trois heures, accroupi près de la cendre chaude du foyer. Au matin, c'est lui qui réveille ses compagnons.

Tous les chiens répondent. Et l'interminable calvaire reprend, sans apporter une joie, sans offrir une consolation.

La neige tourbillonne en flocons serrés, agaçant les huskies qui plissent le museau et clignent les paupières.


Le lendemain, lorsque les hommes sortent de l'abri, les membres raides, les prunelles rougies, las avant d'avoir commencé le labeur quotidien, les chiens s'ébattent sur la piste. Ils ont l'œil vif, le poil luisant, ils se mordillent les pattes par jeu et aboient.

Gregory les siffle. Ils arrivent alertes, la queue frétillante, les oreilles mobiles.

— Un, deux, trois, ici Roscoe, quatre, cinq, Brown six, Dark sept, Devil huit. Hurricane neuf.

Gregory grogne :

— Qui manque?