« Vendredi : Serven a passé. »
« Samedi : Bressler est mort. »
« Dimanche : Boyd et Gortz morts dans la nuit. Collins mourant. »
Ces litanies funèbres secouent d'un frisson le corps d'Hurricane, qui semble s'éveiller d'un cauchemar. Il frotte avec ses poings ses paupières, il se lève, étire ses membres. Les murs de glace l'oppressent, il veut s'évader, il sort en rampant de l'igloo.
Le paysage est immuable, d'une harmonie grave que rien ne trouble.
L'âme d'Hurricane perçoit soudain la plainte désolée des âmes errantes de tous ceux qui sont tombés sur la route du Pôle.
Une angoisse l'étreint et c'est l'éternel balbutiement des hommes qui, ayant perdu toute espérance, se souviennent de leur aurore. Un mot monte à ses lèvres et ses lèvres répètent sans fin cet appel pitoyable : « Maman, maman, maman… »
Le désespoir courbe les hommes. C'est fini. Il n'y a plus qu'à mourir.
Mourir? Non, vivre, vivre encore, marcher, marcher toujours.