Et Hurricane se représentait l'agonie des hommes si pareille à leur propre agonie.

Jour pour jour, heure par heure, De Long tient le journal de l'expédition. Il y note, avec une effroyable simplicité les souffrances de ses camarades. Il est muet sur les siennes. Tous attendent des nouvelles et les nouvelles ne viennent pas. C'est la mort qui se présente et frappe. Un à un les matelots tombent. De Long écrit :

« 17 octobre : Alexey rend le dernier soupir, mort de faim.

« 21 octobre : Vers minuit trouvé Krack mort, entre le docteur et moi. Lee mort à midi. »

Puis, le journal est réduit à une date, un fait :

« 23 octobre : plus de chaussures.

« Lundi 24 octobre, 134e jour : nuit très dure. »

Après, c'est la seule notation du quantième :

« Mardi 25 octobre : 135e jour. »

Et l'énumération se poursuit, fatale :