Le lendemain voit la grande pitié des hommes.
La rafale passée, un soleil anémique reste suspendu à l'horizon, mais si bas qu'il est impossible d'établir la latitude.
Le tabac manque. Pour ne pas rester seuls, ils partent fuyant droit devant eux. On dirait une horde de loups.
Mais la piste fuit avec eux, grise sur la neige blanche. Rien n'apparaît qui justifie une espérance.
Et puis, c'est la nuit…
L'ombre envahit peu à peu le cerveau qui ne perçoit plus les choses. Le corps est mort déjà. La flamme de la pensée est une lueur imperceptible qui vacille au souffle de la douleur.
Hurricane se sent immatériel, son esprit flotte, léger, libéré déjà de toutes les malédictions de la terre.
Le froid n'a plus de prise sur sa chair endolorie. La faim non plus.
Le monde n'existe plus pour lui, la neige est effacée. Le corps, son corps a disparu, avec toutes ses souffrances, avec toutes ses misères.