Hurricane-chien regarde Tempest comme pour l'interroger. Ce dernier a un clignement de paupière malin ; il soulève deux fois son museau, gratte le sol de ses pattes ; il émet un petit grognement auquel répond un autre grognement.

Les bêtes parlent et se comprennent. Celles-ci ont arrêté leur décision.

— Es-tu prêt? semble dire Tempest.

— Je le suis, paraît répliquer Hurricane-chien.

Alors, sans précipitation, d'une course moyenne, mais souple et durable, les deux chiens prennent la piste qu'ils suivent pendant un mille environ, puis, brusquement, ayant flairé le vent, ils coupent à travers la plaine, faisant fuir devant eux plusieurs couples de renards argentés.

CHAPITRE XXX

SUR LA PISTE DES HOMMES

Bientôt des collines barrent la route.

Par des sentiers impossibles, Tempest et Hurricane vont.

Ils s'engagent sur une arête peu sûre qui finit presque à pic ; sans hésiter, les deux bêtes se laissent glisser sur leur train de derrière, mais leur poids les emporte et elles roulent dans la neige qui, dans le bas-fond, atteint plus de trois mètres. Par sauts, elles échappent au danger et leurs griffes trouvent la terre gelée : d'un coup de rein elles s'enlèvent. Elles déboulent à nouveau dans la plaine où leur trot régulier s'allonge.