Hurricane répète :

— Mais votre voyage à Eagle?

Le postier bondit.

— Allez-vous me fiche la paix, hein? Si je vous gêne, on le dit, je boucle et je m'en vais. Dio! Madonna! Devil! Demonio! Caraco! Tous pareils. Quand ils ont besoin de vous, ils geignent : « mon petit Gregory par-ci, mon bon copain par-là! » Je t'en f… moi, des petits et des bons! Puis ffutt… ils vous flanquent à la porte comme un propre à rien. Eh bien! moi! je ne m'en irai pas. Je suis bien ici, j'y reste.

Pour prouver sa prise de possession, il s'installe et allonge ses jambes, si bien qu'il envoie promener la poêle à frire et le maïs dans le feu.

Hurricane-chien trouve cela de plus en plus drôle. Ses yeux pétillent et il tire la langue qu'il laisse pendre comme une loque.

Billikins, accroupi, l'esprit ailleurs, semble un dieu inconnu planant au-dessus des contingences humaines.

....... .......... ...

Un matin, Hurricane s'éveille ; les chiens, dans la cour, mènent un concert auquel se mêle la voix de Gregory.

— Ici, Tempest! Ici, Floch! Sacrés mauvais garçons!