Tout seul?

Tout seul.

Ces deux mots martèlent mes tempes. C'est vrai, je suis seul, ce soir, seul, depuis des mois, et je serai encore seul demain, les jours suivants… toujours alors…

Pourquoi cette idée hante-t-elle ma cervelle?

Loin de moi, pensées mauvaises…

On dirait que je suis ivre. Je jure de par Dieu que pas une goutte d'alcool n'a frôlé mes lèvres depuis sept semaines, je me sens tout drôle. Bah! ce ne sera rien, je suis à jeun depuis le matin. La faim peut-être!

C'est ce sang sur mes mains qui m'a troublé! Pourquoi? Je ne suis pas Macbeth et n'ai point les remords qui déchirent son âme. Ils ne peuvent rien contre moi, les fantômes dressés, mes mains sont pures de toute souillure, mes pauvres mains blanches d'autrefois, maintenant crevassées et rugueuses, habituées à se servir elles-mêmes…

Quelle folie! Allons, Freddy, mon vieux camarade, tu t'es promis un Balthazar… Qu'attends-tu? Les viandes sont prêtes, le vin est tiré…

Je veux me mettre en gaîté, le bouchon saute, le vin blond fait une mousse blanche.

Ah! ça va mieux! Par tous les diables, vive la vie! et je chante: