Nargue la tristesse

Et l'ivresse,

Chasse pour aujourd'hui

Les ennuis…

D'un trait, je vide mon verre, je vous dis que cela va beaucoup mieux. A nous deux… et je plante mon couteau dans la chair savoureuse…

Je suis un maître coq fameux, je me décerne, sans modestie, des compliments que mon orgueil accepte.

Dommage d'être tout seul!

Hein! Quoi? Qui a parlé? Je me dresse, le couteau à la main… J'ouvre la porte: personne, je suis fou… ce soir… qu'est-ce que j'ai donc?…

Je me rassieds, ou plutôt je retombe accablé sur l'escabeau de bois… Un mince filet de fumée s'élève de la viande… des globules blancs montent, montent du fond du verre. La viande est fade, le vin mauvais. Je n'ai plus faim, je n'ai plus soif.

Mon Dieu! mon Dieu! épargnez-moi, éloignez de mon cerveau l'affreuse bête qui ronge; je la sens, elle arrive, elle vient, elle est là… J'entends le travail obscur de ses pattes… Sournoise, elle s'avance, tâtant le chemin de ses frêles antennes…