«La fièvre le tenait. Son esprit battait la campagne et j'ai su… J'ai su la vie d'abnégation et de courage de cet être, qui était né pour une vie paisible, dans la quiétude d'un cabinet de travail, parmi l'ombre amicale des livres qui sont chers et des bibelots rares qu'on a su assembler avec un soin jaloux…

«Mais une femme passe qui bouleverse tout, sa jupe en coup de vent renverse les plus beaux projets… La vie est mesquine, quotidienne, les gazettes rapportent les succès mirifiques des coureurs d'aventures.

«L'or, donneur de fortune, est là, il n'y a qu'à se donner la peine de le prendre. Mais pour le prendre, faut-il encore l'aller chercher.

«La jolie poupée à cervelle étroite veut être aussi belle, aussi attifée, que ses amies… Quoi, elle va traîner sa misérable existence en attendant quoi? Dans vingt ans, un succès problématique?

Les querelles éclatent qui gâchent le bel amour.

«Vous n'êtes qu'une poule peureuse.

«Vous n'êtes qu'un loir paresseux.

«Vous avez un cœur de lièvre.

«Enfin, un soir, l'ultimatum: la poupée va partir essayer sa grâce… Perdue pour perdue, ne vaut-il pas mieux lui montrer qu'on est un homme?

«Au matin, sans plus raisonner, il part, lisant dans les yeux de porcelaine un peu d'amour et beaucoup de joie.