Les écrivains étrangers,—parmi lesquels nous faisons en ce moment à bon droit aux Anglo-Saxons un traitement privilégié,—écrivent sur les pays où s'est modelée leur âme. D'où la palpitation robuste, intense et ardente des récits d'un London, d'un Conrad et de plusieurs autres.

Ceux de Rouquette diffèrent de la plupart des romans français de l'heure actuelle en ce qu'ils portent la directe empreinte d'une des régions de mystère les plus évocatrices du globe.

Ils diffèrent des récits angle-saxons par le fait de la sensibilité et de la culture foncièrement gréco-latine qui s'y réfracte.

La suprême Sagesse, L'Homme qui portait un Chapeau haut de forme, La Bête sociable: je n'ai rien encore goûté d'analogue dans notre littérature, puisque des raisons assez fortes ont empêché que Daudet se soit amusé à récrire du Kipling.

En attendant que des œuvres prochaines achèvent d'imposer au grand public la vision complète de son tempérament curieux et sensible, ironique et généreux, je vous invite à savourer à leur valeur les récits poignants et humoristiques d'un écrivain français qui ne s'est formé ni dans les cénacles montmartrois, ni au sein des cloîtres académiques, mais au contact étroit, douloureux et fécond de l'immense vie, maîtresse inimitable.

André Lichtenberger.


Au moment de donner le «bon à tirer» de ce livre, on m'apprend que Jack London a donné, à une de ses nouvelles, le titre: «Le Grand Silence Blanc.»

Je suis heureux, moi, qui, comme lui, ai vécu de longues heures de solitude dans l'extrême Nord américain, d'avoir perçu, avec la même acuité, cette sensation de grandeur et de silence qui pèse sur la Terre Blanche.

Avec joie je saisis l'occasion qui m'est donnée de pouvoir rendre hommage à ce garçon du Far West, qui dans sa littérature a su conserver les rudes qualités de sa race.