«A Gênes, sous les citronniers,

A Vevey sous les verts pommiers,

Au Havre devant l'Atlantique.»

Il a franchi l'Océan. Et c'est dans les solitudes de l'Alaska, proches du pôle, parmi les âpres contacts de la vie farouche et brutale, qu'il a ressenti davantage les liens qui unissent l'individu à l'humanité dont il est issu et dont il ne saurait s'abstraire. Freddy, misanthrope, a dédié son livre à son chien Tempest. Celui de Rouquette s'adresse à tous les hommes, et en particulier à ceux de France.

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L'originalité des pages qui suivent est en effet double.

Nous sommes en ce moment, je ne dirai pas accablés (car je les adore), mais abondamment comblés d'histoires d'aventures.

Au lendemain de la guerre, tandis que ses suites continuent de nous opprimer, notre existence étant fort incommode, nous éprouvons le besoin de nous réfugier ailleurs. La crise des transports et des changes et l'encombrement des hôtels rendent malaisé de voyager. Nos grands bienfaiteurs sont donc les romanciers qui, sans nous forcer à quitter notre fauteuil, nous emmènent avec eux loin du boulevard et des autobus, hors de portée du nouveau riche et du prolétariat conscient.

Ces bienfaiteurs sont ou bien des écrivains français ou des étrangers.

A part quelques excellentes ou admirables exceptions, les écrivains français d'aventures ont souvent ceci de commun qu'ils n'en ont jamais eu, et n'ont jamais mis les pieds dans les pays où ils nous promènent. Nous avons donc leur seul génie pour guide. Cela nous ménage parfois de délicieuses surprises, et offre d'autres fois quelques inconvénients.