La porte tourne sans bruit. La face camuse de Kotak paraît; il entre avec précaution, puis il m'aperçoit; sa physionomie s'éclaire d'un large rire qui montre ses dents éclatantes. Son nez court et plat semble encore s'élargir, ses yeux se plissent comme une patte d'oiseau.

Kotak fait ses plus belles révérences, il se frotte, tour à tour, l'oreille droite et la narine gauche, ce qui est sa manière de montrer sa civilité.

Les politesses terminées, il s'assied sans façon près de moi, sur le lit de camp où je suis couché tout habillé.

Kotak gratte de l'index son crâne, puis lisse ses cheveux qu'il a roides, drus, luisants et noirs.

Evidemment Kotak a des choses importantes à me dire.

Je lui demande des nouvelles de sa femme, de son père, de son grand-père, de ses trois petits enfants.

Tout le monde va pour le mieux. Les chiens alors? Non, l'équipage est au repos; Doll, qui s'était brisé une patte dans la toundra, est guérie, et Kâa-ka n'a plus ses coliques qui le faisaient se rouler sur la neige en hurlant.

Alors, seulement, je vois la tenue de mon ami Kotak. Il a sa double jaquette de peau de phoque, celle de dessus porte un capuchon, ses culottes, en phoque également, sont attachées par des courroies de cuir.

Il a chaussé ses hautes bottes dont la semelle est faite de peau de moose, ses gants en cuir de cariboo pendent à sa ceinture.

—Tu pars en expédition?