Maintenant nous parcourons la plaine, nos pieds écrasent la neige sous laquelle dort la bonne terre prête à s’ouvrir pour accueillir l’espoir des récoltes prochaines.
Cette terre, le Père Falher l’aime jusqu’au fanatisme.
— Quelle belle œuvre que votre œuvre ! Œuvre de Dieu, œuvre des hommes, Paroles de l’Evangile et colonisation !
— Ami, les deux vont ensemble : sous le joug de la vie, ce sont les bœufs robustes qui tirent la charrue et creusent le sillon. Il ne faut pas épargner sa peine si l’on veut être béni de Dieu.
Il fallait prouver que ces espaces désolés, où seules vivaient les bêtes de la forêt, pouvaient nourrir les petits des hommes.
Pourrait-on vivre ici ? Le nord de l’Alberta était-il colonisable ?
Le Père Le Serrec, dans sa ferme de la rivière la Paix, Mgr Joussard dans son domaine du Fort Vermillon, les Frères Laurent, Kerhervé, Debs, à Grouard, le Père Giroux dans sa solitude de Spirit-River, tous après cinquante ans d’expériences répondent : Oui.
La démonstration faite par les Oblats est formelle. La terre paie le travail avec l’or blond des blés.
Désormais, la route est ouverte.
— A tous ?