Ils sont volontaires et fiers, imprévoyants et hospitaliers, rusés et patients, intelligents et forts.

Ce sont les plus misérables, les plus pauvres, les plus abjects.

C’est pourquoi les Oblats devaient tenter le salut de leurs âmes.

L’ardent Père Grollier montre la route[40], bientôt suivi des Pères Seguin et Petitot.

[40] 1860.

Mais les Esquimaux sont rebelles. La poursuite du caribou, l’attente du phoque, seules, les passionnent ; pour le reste, ils s’en remettent à la Très-Vieille-Femme qui vit dans l’Océan, et dirige leurs destinées sur la terre des glaces et la terre des âmes.

De Mac Pherson à l’île Richard, en sept ans, le Père Lefebvre les visite trois fois. Il en retire de maigres consolations. Douze mois, le Père Lecorre parcourt l’Alaska, de la Pointe Barrow à la mer de Behring, fouillant les baies, suivant les tribus à la piste, prêchant l’Evangile et la Révélation. Il baptise quelques enfants.

Et le Père Gasté, du lac Caribou, apporte la parole du Christ aux Esquimaux dont les territoires de chasse avoisinent l’Hudson.

Le grain jeté germera-t-il jamais sur la Terre où passent les tempêtes descendues du septentrion ?

Mais Turquetil paraît ; il est le porteur d’espérance.