Comme le Fils de l’homme, ils n’ont pas une pierre pour reposer leur tête, pas une branche pour allumer du feu, pas une toile pour se protéger.
Et la mort est sur leurs pas, elle suit à la piste ces vaillants et ces forts ; ce que la nature hostile ne peut faire, deux créatures le réaliseront.
Sinnisiak et Oulouksak ont quitté la tribu endormie.
Ils rejoignent les hommes-de-la-prière.
— Nous allons, donnent-ils pour excuse, rejoindre nos parents attardés sur les rives du grand lac de l’Ours. Puisque c’est votre direction, nous vous aiderons à traîner votre charge.
Et les deux Esquimaux endossent le harnais et halent le traîneau.
La mort et la vie cheminent côte à côte.
L’Esprit du mal guette l’instant propice ; un jour passe, un autre jour se lève.
On construit un iglou. Dans la maison de glace victimes et bourreaux sommeillent. Au matin, l’on repart, et le kamassan souffle, soulevant la neige, aveuglant les chiens et les hommes.
En avant, le Père Rouvière bat la piste. Plus loin, le Père Le Roux pousse la traîne.