Alors le destin s’accomplit. Sinnisiak lève son coutelas et frappe le Père Le Roux dans le dos.
L’homme-de-la-prière s’écroule, poussant un cri. Déjà Oulouksak est sur lui, deux coups le percent encore, un aux entrailles, l’autre au cœur.
A l’appel de détresse, le Père Rouvière a répondu, il accourt, Sinnisiak l’accueille à coups de carabine. Le Père veut fuir vers le fleuve, une balle l’atteint dans les reins et Oulouksak l’égorge. Alors, prenant une hache, ils coupent les jambes, les mains, les têtes. Ils arrachent le foie et le dévorent : horrible festin.
La neige est rouge. Dans les tourbillons de la tempête, ils fuient les démons chargés des dépouilles opimes.
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Le lendemain, près du traîneau, des Esquimaux retrouvent les quatre chiens qui, impassibles, attendent le retour de leurs maîtres.
Un an après, d’Arcy Arden rencontre des Indigènes affublés de soutanes et d’ornements sacrés.
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Trois ans après, le gendarme Wight conduit par l’Esquimau Maysouk, trouve quelques débris épars.
— Là était Ilogoak (le Père Le Roux), Kouliavik (le Père Rouvière) est dans le ravin, près du fleuve sur la rive gauche.