« A l’époque où le cheval n’existait pas, nous forcions le buffle à la course. Nos mocassins se sont teints de la cendre de la Prairie en feu, c’est pourquoi on nous appelle Siksikas, les Pieds-Noirs. Puis, nous avons pris les chevaux de nos ennemis et nous avons alors défié le vent.
« Nous avons fait la guerre et nous avons vaincu les Cris, les Assiniboines, les Sioux, les Corbeaux, les Têtes-Plates, les Kutenais.
« Nous sommes les Siksikas ; les Kainahs et les Piégans sont nos frères, les Atsinas et les Sarcis sont nos cousins.
« Napi, le Vieil Homme, nous protège et Natsous nous donne la puissance. »
Lutte du passé qui s’efface et de l’avenir qui point.
Natsous, le soleil, la fête de la tribu, les danses, le courage des jeunes hommes qui veulent devenir des guerriers, et, près de lui, calme, la Robe-noire, l’homme-de-la-prière, frère de son ami, arsous kitsi parpi.
Le crucifié est-il le sauveur des âmes, accueillera-t-il celui qui a fourni une rude journée ? Il a fait trembler ses ennemis, mais il a protégé les faibles.
Visiblement, la grâce est en lui, alors Sapomarxikaw tourne son regard vers le Père Doucet. Celui-ci comprend, il se penche vers l’agonisant :
— Veux-tu recevoir le baptême ?
Le chef de la nation Siksika lâche le calumet qui tombe et de sa main droite fait un grand signe de croix.