L’Oblat prononce les paroles rituelles.
Les lèvres du mourant remuent : quelles paroles expirent dans un souffle, quelles prières, quels espoirs, quels regrets, quelles réminiscences ? Seul, le Seigneur pourra comprendre. Lui seul écoute, lui seul entend.
Dehors, les hommes de la médecine redoublent de fureur.
Sous le tipi conique, le grand chef est immobile et son âme est ailleurs. Elle monte, sereine et confiante, plane au-dessus de cette Prairie qu’elle a tant aimée, et s’élève jusqu’au seuil de l’Eternité où règne Celui qui juge les vivants et les morts.
Il n’est plus.
Un coup de feu abat son cheval favori. Tout un peuple est désespéré.
Près de la dépouille du chef, il y a une Robe-noire qui prie à genoux, de toute la ferveur de sa foi.
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Sur une croix en granit blanc, on a gravé une date et un nom[48].
[48] (Crowfoot, père de son peuple, 24 avril 1890.)