Nommé en janvier 1912, il prend la besogne à bras le corps, il est partout, ici, à Québec, à Montréal, aux Etats. Dès juin, il rentre à Grouard, pasteur suivi d’un troupeau de fidèles.

Nous connaissions, par delà les forêts à quarante milles d’ici, de grasses prairies, dans le bassin de la rivière la Paix.

Là nous avons érigé une croix, sur sa base nous avons gravé le nom des premiers pionniers.

Au pied de cette croix, à genoux sur cette terre encore inculte, nous avons demandé la bénédiction de Dieu.

Elle est venue, toute puissante[4].

[4] Dans la Saskatchewan et l’Alberta, il y a aujourd’hui plus de cent mille Canadiens, presque tous sont agriculteurs.

VERS L’OUEST

La caravane se met en route, comme autrefois, de l’est à l’ouest ; wagons bâchés tirés par des bœufs, escortés des hommes, à cheval.

Elle traverse la prairie monotone. Rien ne l’arrête : ni les rivières, ni les marécages, ni la glace, ni les maringouins, ni la neige.

Des semaines, des mois, hommes et bêtes cheminent.