Monseigneur lui dit sa tristesse et ses déboires et son espoir toujours déçu.
— « Mon cher évêque d’Ibora, nous irons à Ottawa. Nous verrons le ministre, c’est un de mes amis. »
Et l’homme d’Etat reçoit la visite de Mgr Langevin, de Mgr Grouard, flanqués de votre serviteur ; on lui parle, il accorde un agent officiel de colonisation pour le Nord-Alberta. Mais qui nommer ? Qui désigner pour faire œuvre utile ? L’interrogation se pose. C’est l’inconnu. Pour réussir, tout dépend du choix de l’homme.
Il fallait un Oblat, il fallait un missionnaire du Nord, il fallait un Canadien français.
La Providence avait tout prévu. Le R. P. Giroux était là.
— Le Père Giroux, le plus français des Canadiens ?
— Oui.
— Ah ! Père Falher, j’ai rarement vu dans des yeux si clairs, des yeux d’enfant, une volonté si grande.
— Que diriez-vous si vous l’aviez connu aux jours de sa jeunesse, dans l’enthousiasme de ses vingt-cinq ans ! Actif, intelligent, et avec cela plus normand à ses heures que les Normands ses ancêtres.
Il est, avec Normandeau, Boucher, Boyer, de tous les agents du Gouvernement un de ceux qui ont le mieux réussi ; impossible de chiffrer le nombre de Canadiens français qu’il a ramenés des Etats-Unis. C’est vraiment l’élu de Dieu !