«  — Mon petit frère, tu es ma dernière espérance, mais j’ai confiance en toi ; plonge et tâche de trouver la terre.

« Et le rat musqué plonge. Il reste un jour entier sous l’eau, puis il reparaît plus mort que vif, couché sur le dos. Il respire avec peine. Le vieillard le hisse à bord, le ranime. Quelle joie, le rat musqué a de la boue aux pattes.

« L’homme la ramasse avec soin, l’aplatit en couche bien mince entre ses mains et la pose sur l’eau. Puis il se met à souffler dessus.

« Alors ce peu de terre, grand comme une feuille de peuplier, commence à s’étendre.

« A chaque souffle, elle se développe. L’homme continue de souffler jusqu’à ce qu’il voie une grande île assez solide pour le porter.

« Il demande :

«  — Où sont les cadavres des hommes ?

« La pie dit :

«  — J’ai vu des oiseaux qui les mangeaient sur le rivage.

« Le radeau aborde. Le vieillard et les animaux débarquent.