Le sauvage avait abattu l’homme au moment où il priait. Il avait fait un abominable festin, puis il était parti, emmenant la fillette que nul ne revit jamais.

Sous une croix de bois, Mgr Clut a écrit lui-même :

R.I.P.
In memoria æterna erit justus
F. Alexis o. m. i.

Elle serait longue l’histoire de ces âmes naïves ; du reste mon ami le Père Duchaussois l’a contée avec amour[56] mais il me semble que j’aurais un remords d’oublier une des plus belles figures de la mystique de notre temps.

[56] Apôtres inconnus, 1 vol. Œuvres des missions, 75, rue de l’Assomption, Paris.

La vie du Frère Leriche qui semble échappée de la plume de ce Jacques de Voragines qui a bercé nos cœurs aux pures harmonies de la Légende dorée, feuillet du moyen âge arraché aux livres d’heures des monastères.

Il était pareil à ce jongleur, qui, pour honorer Notre Dame, avait repris ses hardes de baladin et chantait et dansait devant son Image.

A ceux qui s’indignaient, le Prieur disait :

— Heureux les simples, ils verront Dieu !

Et l’on vit Madame la Vierge ouvrir ses bras, se pencher et couvrir de son manteau le corps chétif du pauvre hère.