Nous les avons placés tous les deux dans le même cercueil.

Le pauvre père s’en est allé, son chagrin bercé au rythme lent des bœufs. Il est parti tout seul, je l’ai suivi des yeux longtemps, longtemps. Oh ! comme j’aurais voulu l’accompagner, lui dire toute mon affection et toute ma tendresse.

Un matin, Mgr Joussard arrive, je lui conte la chose. Oh ! le brave cœur, il devine ma pensée.

— « A cheval, filons ! »

Nous voilà, chevauchant, sous un clair soleil d’août, dans les bois, autour des lacs, sous les peupliers et sous les saules.

Tout là-bas, une lumière, nous approchons. Une tente blanche, tendue sur des poteaux rustiques, quelques planches, c’est le camp.

Des voix montent, harmonieuses, des voix d’hommes, des voix de femmes, des voix d’enfants. A genoux, dans l’herbe, ils chantent la prière du soir.

Un de nos chevaux hennit, tous se lèvent, viennent à nous, nous reconnaissent.

— « Oh ! Monseigneur ! Oh ! Père, vous ici ! »

Nous avons campé chez eux, nous avons dormi auprès d’eux ; le lendemain, nous les avons laissés pleins d’espérance.