— Il faut être Français pour faire ce qu’ils font.
Ah ! si les politiciens de chez nous savaient !
Mais ça c’est de la politique…
Demain, les Oblats de Marie s’enfonceront davantage dans le Nord ; après les Indiens, voici les tribus esquimaudes.
Partout où il y a des âmes à glaner, ils iront, moissonneurs de la cause de Dieu.
Ce qu’ils font, ils l’accomplissent de grand cœur, librement, heureux de suivre la destinée qui est la leur, sur cette terre canadienne si riche en souvenirs, si vaillante dans l’effort.
Non, toute la France n’est pas morte avec M. le Marquis de Montcalm. Elle revit en ses enfants qui ont, à travers le temps, conservé leurs coutumes, leur religion, leur langage.
Que certains Professeurs, de passage, pour quelques heures, dans les universités canadiennes, cessent de traiter ces braves cœurs en parents pauvres. L’un d’eux proclamait, du haut de la chaire, à Montréal — pour la plus grande joie des Anglais — que les Canadiens parlaient « patois ».
Patois alors, le français de nos Normands, de nos Berrichons, de nos Picards, de nos Bretons !
Sont-ils moins français, les fils de nos provinces qui parlent notre langue avec le charme de leur intonation ?