Les ancêtres ont transmis aux anciens les lois de la Prairie. Les chasseurs doivent s’y soumettre.
Les guetteurs s’arrêtent. Leur haute silhouette se détache brune sur le ciel clair. Ils sont hiératiques et beaux, chevaux et cavaliers sont des groupes de bronze. La main haute, le regard fouille l’étendue.
Rien ne bouge dans la prairie immense et rien ne vit.
Si, là-bas, à plusieurs milles, une tache noire sur l’herbe courte et jaunâtre.
Les bisons formidables paissent en sécurité.
Un geste et la ruée commence : dans un galop furieux, les chevaux s’enlèvent.
C’est un horrible carnage dans le beuglement éperdu des bêtes traquées, l’aboi des chiens et le cri des chasseurs.
Les naseaux fumants, l’œil rouge, la langue pendante, battant la prairie d’un sabot affolé, les grands bœufs sauvages veulent fuir…
Lugubre boucherie, inutile hécatombe !
L’Indien et le bison, fils de la liberté, qui dira vos combats dans la prairie immense ?