Et de clocher en clocher, de cime en cime, le vol de la race s’élargit ; c’est le parler du vieux pays que l’on entend de Winnipeg à Edmonton, de Calgary à Grouard ; au bord des lacs, sur la rive des fleuves, au cœur de la prairie en fleurs, sur la pente des monts, c’est la civilisation française qui vibre et qui vit, gesta Dei per Francos !
Honorons ceux qui ont pris à Québec sa devise : Je me souviens. C’est la gloire des premiers pionniers catholiques d’avoir porté l’Evangile dans le Nord et dans l’Ouest. C’est à eux, c’est à leur souffrance — auréole qui les grandit — que l’on doit la conquête d’un pays aux ressources immenses, ce qui est bien, et le rachat des âmes, ce qui est mieux.
Je me souviens, c’est Jacques Cartier, c’est Champlain, c’est Maisonneuve et ces messieurs de Ville-Marie, c’est le sang précieux de Jogues, de Brebeuf, de Lallemand, de La Lande, de Messager et d’Aulneau, coulant sur la terre nouvelle et la fécondant.
C’est le chemin du martyre montré aux Pères Le Roux et Rivière, o. m. i. Aux temps héroïques ? Non, en octobre 1913. Ce passé est d’hier, et plus que jamais tous ces morts sont vivants.
Je me souviens. C’est le Canada qui chante un hymne de confiance et d’amour.
L’HOMME AU BON CŒUR
Or Mgr Taché, évêque d’Arath, in partibus infidelium, parcourt son diocèse blanc suivi du fidèle Alexis. Et c’est Noël à Saint-Joachim[15]. C’est la grande manifestation de l’amour de Dieu pour les hommes.
[15] Aujourd’hui une paroisse d’Edmonton.
Noël ! Satan s’écroule et la voie du salut s’offre à tous les humains. Noël ! C’est l’accomplissement des prophéties, c’est la grâce, c’est le sacrifice et c’est la charité.
Dans ce monde perdu, loin du tumulte des villes, la grâce est plénière, le sacrifice absolu, la charité inépuisable.