Dans ces humbles églises de bois, bâties par les serviteurs eux-mêmes, nues comme l’enfant-roi sur la paille de son étable, on est plus près de vous, mon Dieu ! On est sûr que l’iniquité sera effacée de la terre et que, dans la nuit sainte, la vraie lumière apparaîtra.
Les premiers qui accoururent à l’appel mystérieux, ce furent les bergers qui veillaient sur leur troupeau. L’un d’eux tenait dans ses bras une agnelle bêlante.
C’étaient des âmes de bonne volonté.
Ceux-ci, qui sont autour de vous, ce soir, sont parmi vos enfants, les plus humbles, les plus bas ; regardez leurs yeux pleins de larmes, leur tendresse et leur humilité. Ils sont pareils aux pâtres de Judée, en vérité, votre ciel de gloire est pour eux, Seigneur, ils sont simples, ils sont bons et pauvres comme vous.
Et Monseigneur voudrait officier pontificalement, mais Monseigneur n’a pas de crosse.
Alors, le Père Lacombe, de son couteau, taille un bois vert, qu’il peinturlure avec de l’ocre jaune[16].
[16] Cette crosse est conservée à la mission Sainte-Anne.
Ne dirait-on pas une de ces imageries primitives, légende du bon saint Nicolas ou les trois Maries sur la nef ?
Les sauvages sont là, il y a aussi Michel Normand et sa femme, Rose Plante, et trois Sœurs de la Charité : Sœur Emery, Sœur Lamy et Sœur Alphonse.
Il y a des petits enfants qui balbutient le nom de Jésus et des fillettes qui chantent en cri :