« Chantez au Seigneur des cantiques nouveaux, car il a fait des prodiges. »

Jamais chant n’a monté avec autant de force et de naïveté vers le Trône de Dieu.

Et quand tintent les clochettes annonciatrices, jamais foule ne s’est agenouillée avec plus de foi : le prêtre élevant l’hostie sent que son petit peuple communie avec lui.

« Il n’y a pas de place dans l’hostellerie », mais, entre l’âne et le bœuf, il y a place pour un tout petit être qui tend sa main fragile vers la lumière qui bouge doucement.

Les Indiens Cris et les métis courbent leur front orgueilleux, l’Esprit descend. Et voici que Monseigneur lève sa dextre, dans un geste, il exalte les cœurs ; un Dieu est né pour le bonheur des hommes, de tous les hommes, qu’ils aient la peau cuivrée ou blanche, de l’une à l’autre terre il est pareil pour tous. Gloire au Dieu de Toute-Puissance, méritons-le pour partager, un jour, sa gloire et sa béatitude.

Et les grands enfants de la Prairie s’en vont, éblouis, ayant au fond de leurs prunelles un beau rêve infini.

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Au matin, grand émoi parmi les Cris.

Une clameur monte :

— Les Pieds-noirs ! Les Pieds-noirs !