Le sol est avare, ingrat, il a peur que les Cris ne se rebutent, ne se lassent, et qu’un matin, poussés de nouveau par leur instinct, ils ne reprennent leur course à travers la Prairie.
Des bonnes terres, il y en a, là-bas, plus loin, vers le lac Esturgeon.
L’évêque répond simplement :
— Nous irons, mon fils.
Par un matin clair, les deux hommes s’en vont à la découverte. Le Père Lacombe en raquettes « bat la neige » devant les chiens, cependant que Monseigneur maintient l’équilibre de la traîne.
Et les voici au haut d’une colline ; le Fort des Prairies est à huit milles de là, une rivière serpente dans la vallée avant d’aller se perdre dans le lac qui miroite.
Les chiens soufflent.
Mgr Taché propose :
— Père, arrêtons-nous un peu.
— Bien des fois je me suis attardé ici. Après les longues courses, j’ai goûté le charme de ce paysage et son repos et son harmonie.