Dans la nuit, il y a des bêtes… la mort est là… Grand Esprit, si tu veux sauver mon enfant, envoie quelqu’un à mon secours avant que je meure.

Le Maître de la vie m’a exaucée, puisque tu es venu. Maintenant, je puis mourir.

Et la malheureuse tombe, épuisée. Le Père la recouvre de son unique couverture. Il passe la nuit accroupi devant le feu, pleurant sur l’infortunée et priant.

Comment rejoindre les Indiens ? Avec le faible traîneau comment transporter une aussi lourde charge ? Mais Alexis s’active, il coupe, taille, coud et lorsque l’aube chasse les affres de cette épouvantable nuit, on peut installer la malade et son petit sur la traîne agrandie, transformée.

Les chiens tirent, le métis aide les chiens, le Père pousse à l’arrière et maintient l’équilibre. Et tout le jour, on va.

Enfin ! Voici les tentes au bord de la rivière.

— L’homme-de-la-prière arrive, l’homme-de-la-prière est là.

Et les sauvages accourent, empressés.

Mais la Robe-noire est courroucée.

— Où est le monstre qui a abandonné sa femme et son enfant ?