Les missionnaires ont dit :
— Il y a dans les pays de l’Ouest des terres fécondes. Mais pour les atteindre, il faut traverser des grands lacs, s’aventurer dans la Prairie jusqu’au pied des Rocheuses.
Il n’y a pas de routes ? On en tracera une de l’Océan à l’Océan.
De Montréal à Fort-Gary, de Fort-Gary à Vancouver[21].
[21] Il y a de Montréal à Vancouver 4.679 kilomètres.
C’est pourquoi Rodriguez, Piccoli, Hans, Johnson, Jim, de Mandeville sont là.
Hier ils étaient à la Rivière Rouge saluant de « hurrahs » frénétiques la première locomotive qui arrivait, sur une goélette remorquée par le Selkirk.
Le carillon de Saint-Boniface sonnait à la volée.
Hymne de joie, cantique d’allégresse ! C’est la civilisation qui vient et le progrès ; une ère nouvelle commence.
Aujourd’hui, ils sont sur la rivière de l’Aigle, à 67 milles du portage du Rat[22]. Il y a vingt camps et quinze cents hommes ; alors, au milieu des chantiers, le Prêtre est venu[23].