Il a la sensation certaine d’une présence autour de lui. Quelqu’un est là qui rôde. La chandelle de suif agrandit les ombres, une flamme plus haute met une lueur sur les pieds saignants du Christ, la flamme monte encore, elle éclaire le flanc troué par le fer de la lance, et maintenant voici la belle face résignée.

Jésus en croix a posé ses yeux calmes sur son fils malheureux. Les lèvres bougent. Il va parler, il parle :

— Venez dans la solitude et reposez-vous un peu.

C’est la parole qu’il disait aux apôtres, à ceux dont il avait marqué d’avance le destin.

— Pardon, Seigneur, d’avoir douté.

Un pitoyable sourire anime le visage où les épines pleurent des larmes de sang.

— Pierre a douté et moi-même n’ai-je pas voulu éprouver l’abandon de mon Père ?

Alors, l’homme-de-la-prière tombe à genoux, remerciant Dieu de la part qui lui est faite.

Il est seul, oui, mais la présence du Maître anime sa solitude.

C’est le blizzard qui hurle ? Non, ce sont les démons déchaînés, furieux de voir, debout devant la porte, un bel archange protecteur.