Heureux de la nouvelle, je pousse ma bête… Une heure, deux heures, rien.
En Islande, il est deux choses très approximatives pour les paysans : l’heure et la distance.
Un après-midi à quatre heures, le baer allait s’endormir, car la pendule, de par la volonté du maître, marquait neuf heures. Selon l’individu, le temps qu’il faut pour atteindre un endroit déterminé est on ne peut plus variable… en effet, cela dépend du temps qu’il fait et des jambes de votre cheval.
Enfin, voici Hals perché sur la colline. Baer important. Église confortable.
Einar parlemente avec une bonne femme, toute de noir vêtue, propre, cheveux tirés, broche d’argent niellée au corsage.
— Le pasteur regrette, il ne peut vous recevoir.
Pour la première fois, en Islande, un baer nous ferme sa porte…
Pourquoi ?
L’explication est prompte… On entend des éclats de voix, des chansons et des rires… M. le pasteur de Hals est en train de gobeloter avec le sysselmann (le bailli) d’Akureyri et dix autres convives.
Et pour nous qui grelottons dans nos vêtements trempés, il n’y a pas une place.