Einar est allé réveiller l’hôte, mais pour entrer il faut passer le fleuve à gué.
En selle, les chevaux renâclent ; enfin ils se décident.
La servante est déjà debout et la table dressée lorsque j’arrive.
Ivre de fatigue, je m’écroule et je dors.
C’est dimanche. Une matinée de repos.
L’église de Bolstadarhlid est en fête. On doit y célébrer l’office aujourd’hui.
Au trot d’un robuste poney, le pasteur arrive. C’est un bon gros, habillé de toile brune, le ventre en proue, le cheveu rare ; il a la trogne illuminée d’un personnage de Teniers.
Sans cérémonie, il s’installe à ma table, étale ses courtes jambes, tire sa pipe, tapote deux ou trois fois la table, puis, les yeux au plafond, les mains croisées, la pipe au bec, M. le pasteur prépare son prêche.
La fumée lui fait une auréole.