Petite fille du Grand Nord polaire, je reverrai toujours votre front calme, vos yeux d’un bleu si tendre et votre sourire enfantin qui mettait à vos joues une double fossette !

Je vous vois toute pareille à la seconde précise où vous êtes entrée dans ma vie ; le large ruban qui vous cravatait mettait une tache vive sur le corselet de velours noir où couraient des arabesques d’or. Et, sur votre épaule, il y avait la frange soyeuse de votre coiffe nationale, que baguait un anneau d’argent.

Vous étiez pure comme la neige et comme l’eau ; nous n’avons échangé que de brèves paroles, et cependant nous étions l’un à l’autre par la communion de nos âmes.

Aucune pensée mauvaise n’a souillé nos deux cœurs.

J’ai pris votre main et j’ai joué avec vos doigts.


— On ne part pas, Einar, les chevaux sont trop las.

— Bien, monsieur.

La fatigue des poneys est-elle la raison qui me retient ici ?