Comme je remontais à cheval, une belle fille aux bras blancs, de ce blanc laiteux et nacré des rousses, cueille, dans la prairie qui borde le baer, une fleurette jaune et me la tend en souriant.
Je pars. En haut du col, je me retourne. Le baer est là-bas ; tout là-bas la jolie fille me fait un signe de la main. La silhouette s’estompe et diminue. C’est une tache blonde dans du soleil.
Ce soleil est un doux présage. Le dieu nous accompagne et flambe de tous ses rayons.
Sa caresse inaccoutumée nous enveloppe et nous prend. La croupe des chevaux brille ; les boucles et les étriers ont de rapides éclairs.
Et, dans la joie reconquise, je chante l’Hymne de reconnaissance et de foi :
« Aryaman, Vivasmat, Ravi, Sourya des Brahmaniques, salut !
« Harbéhouditi, Harnoubou, Horus à tête d’épervier, le Très-Haut, le Très-Élevé, le Très-Supérieur des Égyptiaques, bonheur sur moi, paix sur toutes choses !
« Hélios, fils d’Hypérion, fils de Théia, frère d’Eos, frère de Séléné, amant de Clymène et de Perseis, filles de l’Océan et de la nymphe Rhodé, père de Phaéton, le conducteur lumineux, d’Aetès, de Circé, des douces Héliades, dont chaque larme est un grain d’ambre !