Stadir nous apparaît dans la brume avec son église traditionnelle et son traditionnel baer.

Église, ferme, terre, ciel sont gris, d’un gris argenté, très moderne et très doux.


Rude journée. Dix heures de cheval dans la brume et la pluie.

Dans le terrain mou, les chevaux enfoncent ; l’un d’eux s’enlise jusqu’au poitrail.

A un mètre, on ne voit rien. Seule, la dernière heure est bonne. La pluie a cessé, la brume s’est effilochée, mais des cumulus lourds de menaces courent, très bas, dans le ciel.

Le bord du plateau est rocheux ; des cascades tombent à pic dans le fleuve qui serpente au fond de la gorge.

A la ferme de Sveinnatunga, je me réchauffe devant un feu de tourbe. En ouvrant mon carnet, je lis une date : 14 juillet.

Je ris malgré moi en pensant :

— Si le 14 juillet est pareil à Paris, il doit pleuvoir sur le feu d’artifice.