La descente vers le sud commence. La pluie tombe, une pluie tenace qui pendant trente-cinq kilomètres nous suit. Avec cela, un vent du diable qui nous jette au visage des paquets d’eau.

Nous traversons un fleuve, eau dessus, eau dessous, eau partout, puis nous entrons dans une région curieuse.

Il y a une succession de petites collines pointues, de cinq à vingt mètres de haut ; elles sont roussâtres pour la plupart et caillouteuses. Elles sont séparées les unes des autres. Nous avons l’air de jouer à cache-cache.

Un double arc-en-ciel nous montre la route de Lœkjamot.


En sept heures, nous faisons dix-neuf kilomètres. Lœkjamot–Stadarbakki, décidément, c’est un record, dix-neuf kilomètres au pas, dans un terrain détrempé, sous une pluie battante.


De Stadarbakki à Stadir, courte étape afin de ménager les chevaux qui demain auront un rude effort à fournir pour traverser le plateau de Holtevorourheidi.

Pluie et soleil. Nous suivons le Hrutafjord (le fjord des béliers), un des plus profonds de l’Islande.

Là-bas, de l’autre côté, quelques maisons aux toits rouges, quelques barques : c’est la station commerciale de Bordeyri. On ne peut vraiment pas appeler cela un port.