Cherchant leur place, les poneys vont ainsi pendant des heures. Mais mon âme n’est plus abattue, je marche avec ma vie dans la main ; à chaque pas se dresse un piège, qu’importe, c’est la remontée des enfers. Comme le poète, je m’évade ; mon étoile, c’est l’astre qui flamboie.


Pour la première fois, dans le labyrinthe des laves, dans l’enchevêtrement des pierres calcinées, je m’égare.

La boussole, ici, est inutile.

Un fleuve se fraye une route dans un lit de basalte. Suivons-le.

Dans les eaux claires, des saumons filent comme des traits, remontant le courant ; parfois leurs écailles luisent.


Bonne idée. Voici la piste. Si nous avions continué sur la gauche, nous allions vers Borganès et le Borgarfjordur. La Hvita coule en grondant dans une gorge. Nous descendons la montagne en lacet. Bonheur ! un pont de bois est jeté sur le fleuve. Et voici un baer accueillant !