Des sources d’eau chaude jaillissent, mettant une buée bleuâtre entre la terre et le ciel.
L’eau s’écoule pour aller rejoindre la rivière. Les chevaux tendent le mufle, reniflent et refusent de passer.
Le chien, plus entreprenant, essaye, il revient vite en poussant de petits cris ; puis en trois bonds il franchit l’obstacle.
Les chevaux en deux coups de reins suivent.
L’odeur du soufre monte, âcre.
De Gründ, la descente vers le grand lac Skorradatsvatn que l’on contourne et dont les bords finissent en marais. Des myriades de moustiques nous accompagnent.
Les chevaux, affolés par les insectes, partent au galop, mais le terrain mou ralentit leur allure. C’est alors un véritable supplice, et j’en suis à regretter le froid des étapes passées, la pluie, le vent, la neige.
La peau des pauvres bêtes a des secousses brèves. Elles hennissent de douleur. J’ai moi-même les paupières boursouflées et les mains en sang.
Le ciel est caché par une nuée bourdonnante.