Là-haut, nous laissons souffler nos bêtes. Le paysage paie notre peine. A perte de vue des monts déchiquetés, des vallons qui se creusent, des sources d’eau chaude qui jaillissent, faisant des ombres bleues, et là-bas, tout là-bas, très visible, très nette, la formidable masse de l’Hekla, qui, pour un jour, a laissé son capuchon de brume et fait miroiter ses neiges sous les rais obliques du soleil.
La descente est rude, pénible, dangereuse ; le terrain est fangeux, les chevaux pataugent.
Dans la plaine marécageuse de Middalur, nous dressons la tente, cependant que des myriades de moustiques claironnent des fanfares à nos oreilles. Dormir ? Pas possible, les poneys irrités mènent un beau tapage.
Debout ! Bouclons nos selles. En avant !
La marche est dure dans ces terres sans consistance qui nous conduisent vers les geysers.
C’est à l’abri d’une petite montagne, ocre rouge et safran, un mamelon creusé de trous dans lesquels l’eau bouillonne et gicle…
Un glougloutement ininterrompu vient du tréfonds des entrailles terrestres ; mais, hélas ! c’en est fait des beaux jaillissements d’autrefois. Le grand geyser n’est pas mort, il agonise.
Depuis quatre ans, il refuse obstinément de sortir de sa tanière.