Tremblement de terre ? Déplacement de la poche des eaux ? Obstruction du goulet ? On ne sait.

Ses bords se revêtent d’une croûte calcaire rose et bleue. Seul, le Strokker, toutes les trois secondes, fait un petit saut de trente centimètres.

Ils sont là, par centaines, fumant et bouillonnant ; leurs eaux transparentes et vertes laissent apercevoir des architectures merveilleuses, des palais enchantés, des floraisons aquatiques, compliquées et charmantes ; mais il y a toujours un trou sombre qui donne le frisson par son attirance et son immensité.


A la ferme où nous dégustons le café traditionnel, nous trouvons une vieille dame irlandaise assise face au mur sur une chaise et qui égrène son chapelet avec ferveur, s’arrêtant aux gros grains pour dire dans un soupir : « Mon Dieu ! mon Dieu ! c’est le pays du diable ! »


Quatre heures après, c’est l’énorme tranchée volcanique au milieu de laquelle coule, blanche, immaculée, la Hvita.

La Hvita qui, soudain, fait un saut fantastique de soixante à quatre-vingts mètres et lance dans le gouffre le tonnerre de ses eaux. Chute de Gullfoss, spectacle unique, plus beau que le Niagara, plus sauvage, plus horrible surtout.

Le fleuve franchit les rapides, roches noires au ras de l’eau ; c’est d’abord une première chute à angle droit, puis la tombée formidable.