Portland et la côte de fer où les carcasses de navires attestent la puissance de Poséidon, dieu de proie.
L’Islande s’efface dans une brume violette, et sur les flots surgit bientôt la grappe des Féroé.
Le soir, sur le pont du navire, des filles dansent en rond, chantant des airs nostalgiques. Le talon frappe le bois par mouvements saccadés, les mains forment une chaîne sans fin…
L’Écosse est là, à tribord, avec ses dunes et ses ajoncs. Lieth et la laideur anglaise ; Edimbourg, double image : splendeurs et haillons, Princess-Street et Court-Wilson.
L’ombre de Mary Stuart, la reine d’amour et de mort erre dans Holyrood, « la fatale abbaye » ; des tombes parmi les dalles d’une église dont la voûte est le firmament.
Si je veux, dans vingt-trois heures je serai à Paris, mais mon désir est autre.
Un marché dans un bar de la basse ville. Le patron d’un cotre veut bien m’accepter à son bord. Il me ramène à Thorshaven des Féroé. Et, sur la pétrolette d’un pêcheur de saumon, je refais la route vers l’ouest.
Je franchis le Cercle Polaire à la hauteur de l’île Grimsey. Voici les deux balises blanches à bande noire verticale, sauvegarde des matelots.