— Monsieur ?
— On peut aller de Seydisfjord à Rejkjavik ?
Einar, croyant que je déraisonne, m’interrompt :
— J’ai dit à monsieur…
— La paix, Einar. Oui, vous m’avez dit que les services réguliers, qu’ils soient danois ou islandais, étaient les plus irréguliers qui soient.
« A Pâques ou à la Trinité, il y aura peut-être un bâtiment qui daignera faire escale ici. Je n’ai pas l’intention de moisir dans votre patelin. »
Patelin, moisir, ces mots mettent en déroute le français d’Einar, qui ne comprend plus.
Je me lève et déclare, avec une familiarité qu’il tolère — que ne faut-il pas passer à ces Français qui sont tous un peu fous :
— Eh bien ! Einar, j’irai à Rejkjavik par les terres.
Oui, c’est bien ce que je disais, les Français sont un peu fous, et celui qui parle à Einar Jonson plus que tous les autres. Mon ami roule des yeux effarés, hésitant à comprendre.