— Non, mon vieux, tu vas trop fort. Dis à ton apothicaire qu’il débite son canasson en rondelles à ses clients ; moi, je veux bien être refait, mais, vois-tu, il faut encore avoir la manière.

Einar Jonson est revenu une heure après, tirant deux poneys, assez sortables : trois cents couronnes l’un, cinq cents l’autre… Cinquante couronnes sur celui-là, deux cents sur celui-ci, Einar et ses camarades n’ont pas perdu leur journée, mais, au fait, moi j’y gagne encore…


Pour aller à Rejkjavik, il n’y a pas de route.

C’est vrai !

Mais il y a des monts redoutables, des volcans qui vivent d’un feu intérieur, des glaciers inaccessibles, des torrents impétueux, des terres crevées de laves, hérissées d’aiguilles.

Oui, mais pas un Français n’a traversé le cœur de l’Islande ; raison de plus pour que j’essaye…


Mme Gudmüsen est une vieille dame, trottant menu dans sa maison ; souris rose et noire, elle a de bons yeux pailletés de malice.

Pour me recevoir, elle a sorti son beau service. Mme Gudmüsen a fait, il y a bien longtemps son voyage de noces à Copenhague ; elle en a rapporté maintes choses inutiles, qui, sur les étagères de son salon, lui rappellent cet heureux temps.